Cette semaine, en regardant Tatiana Londono à la télévision, j’ai accroché sur cette phrase : “La vente d’une propriété dépend avant tout, du prix et du timing.”
Voilà ce qui m’a donné l’idée de vous écrire aujourd’hui. Parlons du moment idéal pour vendre une propriété, parlons de timing idéal pour annoncer votre inventaire et vos services, parlons aussi des vacances bien méritées. Découvrons ensemble, la dynamique du marché immobilier québécois.
PREMIER TRIMESTRE – De janvier à mars
Le premier trimestre de l’année enregistre annuellement les plus fortes progressions du nombre d’inscriptions et du nombre de ventes annuelles. Le mois de mars est le mois le plus productif ! Du 1er janvier au 31 mars, les courtiers québécois inscrivent près de 30% de leur inventaire annuel et concluent 28% de leurs ventes dans cette même période. La majorité de ces transactions sont notariées vers la fin du mois de juin.
Qu’est-ce qui explique cette soudaine activité ?
C’est principalement l’arrivée sur le marché des premiers acheteurs qui cause cette cohue. En effet, la Loi précise que les locateurs doivent faire parvenir leurs avis de renouvellement de baux à leurs locataires, entre trois et six mois avant l’échéance. Parce que traditionnellement, le bail locatif, au Québec, va du 1er juillet au 30 juin, la plupart des locataires reçoivent ces avis durant le mois de janvier; ils auront alors 30 jours pour choisir de demeurer locataires ou de se mettre à la recherche de leur première maison. Dès lors, les vendeurs s’empressent de mettre leurs maisons sur le marché pour tenter de profiter de la situation !
On estime à près de 40% le nombre de premiers acheteurs qui ont utilisé le régime d’accession à la propriété pour devenir propriétaires. Sachant que la date limite pour profiter du retour d’impôts prévu par le RAP durant l’année de l’achat est fixé à la fin du mois de février, il n’est pas étonnant non plus que les courtiers hypothécaires soient comblé de bonnes opportunités en cette période de l’année.
Puisque les premiers acheteurs n’ont généralement pas, au départ, les mêmes moyens que les premiers vendeurs (mise de fonds inférieurs, moins bonne expérience de crédit, revenus moindres), la valeur moyenne des propriétés vendues durant cette période de l’année est légèrement inférieure à la moyenne annuelle. On sait, à ce propos, que les chances qu’une maison de plus de 300 000 $ se vende entre janvier et mars est d’à peine une sur quatre.
Les courtiers québécois réalisent, au premier trimestre, entre 25% et 30% de leur chiffre d’affaires annuel et y investissent près de 40% de leur budget publicitaire total.
DEUXIÈME TRIMESTRE – D’avril à juin
Le deuxième trimestre est de loin une période de vente ! Les courtiers ont monté leur inventaire et tentent maintenant d’en vendre la plus grande partie avant les vacances d’été. Du 1er avril au 30 juin, ils signent environs 25% des contrats de courtages qu’ils se sont fixé comme objectif annuel et réalisent presque 30% de leur objectif en promesse d’achat. La majorité de ces transactions sont notariées vers la fin du mois de juin.
On voit apparaitre de plus en plus de deuxièmes acheteurs (de premiers vendeurs qui viennent de conclure la vente de leur maison avec des premiers acheteurs) ce qui stimule tous les autres vendeurs à leur offrir des propriétés plus adaptées à leurs nouveaux besoins : plus d’espace, plus de services, plus de confort, etc.
Dès lors la moyenne des prix de vente grimpe et les chances de vendre de maisons de plus de 300 000 $ passent à près de trois sur quatre. Si c’est la période idéale pour les visites libres, les notaires n’ont pas le temps de s’y adonner, ils sont débordés – surtout de la mi-mai à la fin juin.
Les courtiers québécois réalisent, au second trimestre, entre 30% et 35% de leur objectif financier annuel et y investissent environ un quart de leur budget publicitaire total.
TROISIÈME TRIMESTRE – De juillet à septembre
Le troisième trimestre est le moins effervescent de l’année. Du 1er juillet au 30 septembre, on inscrit 24% de son inventaire annuel mais pour la majorité des inscriptions, seulement à partir de la deuxième semaine d’août. Durant cette période aussi, on signe 20% de toutes nos promesses d’achat prévues. La majorité de ces transactions sont notariées avant la fin de l’année.
En juillet ce n’est pas « mort » ! Il est vrai que 94% du chiffre d’affaire d’un courtier immobilier sera réalisé sans tenir compte de ce mois mais c’est surtout la période de l’année où l’on compte le plus de contrats de courtage expirés. C’est une saison idéale pour la sollicitation si l’on sait, en plus, que beaucoup de courtier la choisissent pour prendre des vacances. Juillet est aussi le mois par excellence dans l’année pour se recentrer, suivre des formations de perfectionnement et planifier ses offensives publicitaires de la rentrée.
À compter de ce trimestre, et pour le reste de l’année, il n’est plus de mois de prédilection pour un type d’acheteur plutôt qu’un autre. On inscrit de tout et il se vend de tout.
Les courtiers québécois réalisent, au troisième trimestre, entre 20% et 25% de leur objectif financier annuel s’ils investissent un autre quart de leur budget publicitaire total – principalement à partir de la mi-août et dans le but de faire monter leur inventaire pour répondre à la demande qui s’en vient.
QUATRIÈME TRIMESTRE – D’octobre à décembre
Le quatrième trimestre est d’avantage une période de vente que d’inscription. On constate, en effet, que du 1er octobre au 31 décembre, les courtiers inscrit seulement 22% de toutes ses propriétés à inscrire pour atteindre son objectif annuel – pour la majorité, avant le 15 novembre – et ne peuvent vendre qu’à peine 21% de leur inventaire annuel.
Attention, de septembre à novembre, plusieurs offres d’achat réalisées prévoient la signature de l’acte de vente « à la fin de l’année scolaire », en juin de l’année suivante. Ce cas est plus fréquent, bien entendu, dans les secteurs familiaux, avec des premiers et des deuxièmes vendeurs.
Décembre est le mois le plus calme de l’année. On transige encore mais l’esprit du temps des fêtes prend le dessus sur tout le reste. On ne fait plus de visite libre, les appels diminuent, c’est le temps pour le courtier immobilier de reprendre son souffle et de faire le bilan de son année.
C’est durant ces trois dernier mois qu’il doit penser à actualiser son plan d’affaires et son plan de communication pour la nouvelle année.
Enfin, au dernier trimestre, le courtier immobilier québécois réalisera environ 20% de son chiffre d’affaires annuel et y aura investi de 10% à 15% de son budget publicitaire total, essentiellement en mise en marché et en fidélisation (cartes de vœux, cadeaux, etc.)
Voilà qui conclut ce survole de la dynamique du marché québécois. Notez en terminant que les chiffres proposés sur le graphique proviennent de la compilation des statistiques mensuelles de la Fédération des Chambres Immobilières du Québec, des six dernières années. Comme l’erreur est humaine et que j’ai pu me tromper en additionnant toute ces données au fil du temps, je ne vous recommande pas de vous en servir lors de vos transactions mais seulement, à titre indicatif, pour l’élaboration de vos plans d’affaires et de communication.
Au plaisir de vous aider encore !
Pascal.